Article 2 - L’extractivisme
Par Gloria Soton.
Introduction
Après un premier article introductif, nous rentrons dans l’une des matières sous-jacentes de l’écologie décoloniale : l’extractivisme. Avec l’intensification de la guerre à l’est de la République Démocratique du Congo (mais pas seulement), l’extractivisme est une grille d’analyse importante pour comprendre le génocide des populations à l’est de la RDC depuis plus de 30 ans.
La complexité et l’urgence des enjeux environnementaux sont un défi pour les politiques publiques et les entreprises privées. Par ailleurs, nous ne parvenons pas à sortir de la logique de surproduction, surconsommation et surprofit. Les solutions envisagées (notamment en matière de transition énergétique) maintiennent le statu-quo : ce sont des solutions néo-libérales et capitalistes qui l’emportent. Avec la hausse de la demande de certains minerais stratégiques, nous verrons pourquoi la justice climatique et environnementale doivent être prises en compte dans les solutions envisagées.
Dans ce second article, nous parlerons de l’extractivisme à travers l’histoire en Afrique et en Amérique du Sud étant donné les liens évidents avec l’histoire coloniale et post-coloniale. Plusieurs exemples concrets illustreront les enjeux sociaux, environnementaux et politiques de l’extractivisme.
C’est quoi l’extractivisme ?
L’extractivisme désigne un mode d’accumulation de richesses reposant sur des « activités qui extraient d’importantes quantités de ressources naturelles qui ne sont pas transformées (ou qui le sont seulement dans une faible mesure) et sont principalement destinées à l’export. L’extractivisme ne se limite pas seulement aux minerais ou au pétrole, il est également présent en agriculture, en sylviculture, ainsi que dans le secteur de la pêche ». (Acosta, 2013).
Cette notion est souvent utilisée en études critiques du développement et en approches critiques de l’environnement (Svampa, 2011 ; Bednik, 2015), et désigne des logiques économiques prédatrices. Elle a été adoptée pour l’analyse des situations socio-économiques en Amérique du Sud et en Afrique.
La mot vient du portugais « extrativismo », qui a été utilisé dans un premier temps pour définir l’exploitation commerciale des produits forestiers au Brésil (Emperaire, 1996). Les prémices du capitalisme moderne se sont articulés avec les empires coloniaux et se basent sur l’exportation de matières premières des périphéries (les colonies) vers les métropoles (les empires coloniaux). De nos jours, il est souvent lié au capital transnational, à l'État et aux programmes économiques néolibéraux.
Hitchcock (2019 : 9) va plus loin dans la théorisation, et explique que l'extractivisme est « l'extraction de biens écologiques communs, enracinée dans le colonialisme et la notion selon laquelle les humains sont séparés du reste du monde vivant et lui sont supérieurs ».
L’extractivisme est très présent dans des régions avec une dichotomie socio-économique : des populations pauvres avec des grandes inégalités sociales, et des sols/sous-sols riches en minéraux et matières premières. Des auteurs ont défini la « malédiction des ressources » (Acosta, 2013 ; Gilberthorpe, Hilson, 2014), qui est visible lorsque l’exploitation des ressources naturelles ne se traduit pas nécessairement en amélioration du bien-être des populations d’une région donnée et l’effet de percolation attendu par l’implantation d’une exploitation (minière, pétrolière, forestière …) n’a pas lieu.
L’extractivisme pendant la période coloniale : exemple de la production de cacao au Congo
Alors que Léopold II fait du Congo sa colonie personnelle en 1885, il doit rentabiliser ses investissements et cherche des solutions pour produire de la richesse. C’est ainsi qu’il fait importer des fèves de cacao du Ghana (colonie de l'empire britannique), impose cette monoculture et utilise la propagande coloniale pour faire consommer du chocolat à la population belge et occidentale (notamment les expositions universelles à Bruxelles en 1897, 1910, 1935, and 1958) (F. Van de Walle, 2024 ; L. Catherine, 2018).
L’industrie du chocolat prend son essor au 20e siècle, et ces événements ainsi que la démocratisation de ce produit permettent à la Belgique de faire du chocolat un symbole national. La renommée mondiale du chocolat Belge est connue de toutes et tous, et les grandes marques également. C’est le cas de Côte d’Or, la marque fondée en 1883 par Charles Neuhaus (dont le logo est inspiré du badge colonial britannique de la Gold Coast).
Parmi les effets néfastes de l’introduction de cette culture, nous pouvons citer (F. Van de Walle, 2024 ; M. Ferdinand, 2020).
- L’introduction du système des “plantations” et la spécialisation des colonies dans certains types de culture (cacao, café, arachide, coton, ...) ;
- Le travail forcé ;
- La hausse des cultures de rente au détriment des cultures vivrières ;
- La déstructuration des systèmes agricoles et des circuits de commercialisation locaux ;
- La déstructuration des paysages, l’appauvrissement des sols, l’assèchement des nappes phréatiques ;
- L’expropriation des populations locales de leurs terres ancestrales.
Quand Léopold II doit céder la colonie à l'État Belge en 1908, celui-ci cède une grande partie de ces terres à un industriel britannique (Lord William Lever) qui jouit de faveurs auprès du gouvernement. Lord Lever est un des seul homme d'affaires étranger à pouvoir exploiter au Congo belge, et il en profite pour fonder en 1911 la société des Huileries du Congo belge et une ville à son nom (Leverville, aujourd’hui Lusanga). Ces palmeraies fournissent la matière première principale pour la production de savon. Le capital accumulé permettra à Lord Lever de fusionner son entreprise avec le groupe néerlandais Margarine Unie, qui a donné naissance au géant de l'agroalimentaire Unilever.
Après l’indépendance de la RDC, la plupart de ces terres n’ont jamais été restituées, elles ont été revendues à des entreprises allemandes actives dans l’industrie du palmier à huile. Un rapport publié en 2019 par Human Rights Watch a mis en lumière le soutien apporté par quatre institutions européennes de financement du développement, dont la société belge BIO, à l’entreprise Feronia, et dénonce « le lien des banques européennes de développement avec les abus commis dans l’industrie du palmier à huile en République démocratique du Congo ». (CNCD, 2019).
L’extractivisme après la période coloniale : exemple des minerais pour la transition écologique occidentale à l’est de la RDC
Avec les différentes politiques de transition énergétique mises en place au niveau national, européen et international, la demande pour plusieurs minerais va augmenter de manière exponentiel (cobalt, coltan, lithium) (IEA, 2023). La loi de l’offre et de la demande va nécessairement induire une hausse de la production de ces minerais, ce qui exacerbe la guerre en cours à l’est de la RDC depuis plus de 30 ans. C’est précisément pour ces minerais que le Rwanda (et l’Ouganda) convoitent les territoires de l’est de la RDC (Génération Lumière, Team Congo, 2025).
Il faut se rendre compte que les entreprises et les puissances occidentales profitent de l’instabilité et des filières illégales, car les minerais sont littéralement pillés. Ce sont des minerais de sang (travail forcé, travail des enfants, viol comme arme de guerre). Si ces entreprises devaient se fournir via des chaînes de valeurs légales, transparentes et éthiques, nos téléphones et nos voitures électriques coûteraient bien plus chers.
La présence de multinationales en RDC n’est pas une chose nouvelle, ce sont seulement les produits à exploiter qui varient en fonction de la demande de l’Occident (caoutchouc pour les roues des vélos et voitures à l’époque, cobalt pour les voitures électriques aujourd’hui).
Parmi les impacts environnementaux et sanitaires, il y a (Jeune Afrique, 2016 ; A. Shaw, 2024) :
- La déstructuration des sols et des paysages ;
- La pollution des sols, des eaux de surface et des nappes phréatiques ;
- La contamination des corps aux métaux lourds, avec des graves conséquences en santé publique (troubles métaboliques et respiratoires, tumeurs diverses, malformations congénitales, stérilité, maladies cutanées, …) ;
- La réduction des rendements agricoles ;
- La destruction du bassin du Congo et de la forêt de l’Afrique centrale, qui est aujourd’hui le poumon de la planète en tant que premier puit de carbone (la forêt amazonienne est passé d’un puit de carbone à un source de pollution à cause de la déforestation et de l’agriculture intensive).
La RDC souffre d’une double injustice environnementale : la destruction de ses écosystèmes au nom de la transition écologique d’une part, et l’exclusion de la transition énergétique d’autre part puisque l’extractivisme a pour but d’exporter les ressources.
Ce phénomène relève aussi du racisme environnemental, où une discriminiation sur base de l’environnement s’opère d’une communauté à une autre dans le même pays, ou alors d’un pays (souvent du nord global) par rapport à un autre (souvent du sud global). Les exemples les plus parlants sont le cas du Chlordécone aux Antilles (la contamination chimique par un pesticide), l’installation d’incinérateurs et d’industries polluantes aux abords de quartiers où vivent les minorités ethniques et plus pauvres, la réalisation d’essais nucléaires en Polynésie ou en Algérie pendant la période coloniale.
L’injustice de l’extractivisme au Pérou : exemple de La Oroya et le complexe métallurgique de Doe Run
La ville de La Oroya, située au centre du Pérou dans les Andes, est l’une des villes les plus polluées du monde. En effet, les concentrations en métaux lourds dans les corps et l’environnement des habitants et habitantes sont très élevées avec des taux qui dépassent largement les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (Joly, 2015).
Comment cette petite ville de 30 000 habitant.e.s en est arrivée là? Quelles sont les injustices envers la population ? Quelle est la complexité des liens qui existent entre la sphère économique et la sphère politique ?
En 1922, une entreprise étasunienne (Cerro de Pasco Investment Company) installe un complexe métallurgique autour de la mine de Cerro de Pasco, l’un des plus grands d’Amérique du Sud. Le site permet de travailler différents minerais : cuivre, zinc, argent, plomb, indium, or, bismuth, selenium…. En 1974, le complexe est nationalisé, puis revendu à Doe Run en 1993. L’exploitation s’est quasiment totalement arrêtée en 2009 (20% encore en activité) mais les écosystèmes sont pollués et les travailleurs et travailleuses laissés pour compte car une grande partie attend des indemnisations.
La Oroya se caractérise par le phénomène de la “company town”, définit par Green (2010 : 3) comme “un lieu où l'on exerce une emprise sur la population, à la manière d'un Big Brother, en contrôlant, voire en se substituant au gouvernement, en percevant les loyers des logements appartenant à l'entreprise, en dictant les habitudes d'achat (éventuellement dans le magasin de l'entreprise), voire en administrant le lieu de travail des personnes et la manière dont elles peuvent passer leur temps libre”.
En Amérique du Sud, les company towns incarnent la puissance du capitalisme et représentent la volonté des entreprises à transformer la culture ouvrière et imposer les habitudes de travail pour augmenter la productivité et réduire le risque des conflits sociaux (Le Gouill, 2018). L’empreinte sur les territoires est tellement importante que les industries jouent un rôle sur le développement territorial et par la même occasion de contrôle de la main-d’oeuvre (construction d’habitations, de routes et d’infrastructures - cinéma, théâtre, restaurants, hôpitaux, magasins - pour les ouvriers qui travaillent dans le complexe) (Le Gouill, 2018).
En 1990, le gouvernement (sous la présidence de Fujimori) a créé le Code de l’Environnement, puis la Ley General de Mineria en 1993. L’autorité compétente en matière d’environnement est le Ministère de l’Energie et des Mines (MEM) — qui est d’ailleurs contesté — , qui est en charge de l’application des normes environnementales et de la défense des intérêts des investisseurs. Ensuite, les Programas de Adecuacion y Manejo Ambiental (PAMA - Programmes d’adéquation et de gestion de l’environnement) sont intégrés pour diminuer les pollutions sur les anciens sites (le délai est de 5 ans pour l’activité minière et 10 ans pour l’activité métallurgique) (Le Gouill, 2018).
Au début des années 2000, La Oroya est devenu le symbole des nouveaux conflits entre les politiques de durabilité (RSE - Responsabilité Sociétale des entreprises) et les enjeux environnementaux. Le complexe connaît rapidement un scandale environnemental puisque dès son ouverture, les activités de fonderie, de raffinement et de traitement rejettent des fumées toxiques et des eaux usées contaminées. Quand Doe Run rachète le complexe, l’entreprise instaure une politique de RSE, mais avec l’idéologie du capitalisme vert (concilier des critères environnementaux et la rentabilité économique). Doe Run tente d’améliorer son image environnementale (= phénomène du greenwashing) : construction de parcs et de centres médicaux, destruction des campements d’ouvriers trop proches du complexe minier, engagements pour remplir ses devoir pour les PAMA.
Plusieurs ONG environnementales s’engagent dans une lutte contre l’entreprise et l'État pour rendre justice à la population, aux travailleurs et travailleuses. Après la crise économique de 2008, l’entreprise se déclare en faillite : 3 500 personnes se retrouvent sans emploi. Le site est partiellement relancé en 2012 avec 500 salariés afin de faciliter une hypothétique vente. La pression exercée par les travailleurs et les syndicats sur le gouvernement a même amené celui-ci à baisser des normes environnementales en 2017 (Le Gouill, 2018 ; Joly, 2015). La question de l’emploi divise la population, avec d’un côté le camp de la fermeture totale (pour des raisons sanitaires et environnementales), et de l’autre le maintien des activités (pour l’emploi et l’attractivité de la ville) (Oxfam America, 2018).
Doe Run adopte une double position : au niveau local, le débat tourne autour du respect des normes RSE et du maintien de l’activité pour l’emploi, à l’international, l’entreprise avance l’argument d’un arbitrage international contre l’Etat péruvien au nom du traité de libre-échange signé avec les USA. L’entreprise réclame 800 millions de dollars à l'État péruvien car il fait partie des créanciers (Oxfam America, 2011 ; Le Gouill, 2018). Ainsi, en se plaçant comme “victime” dans ce conflit (il y aurait eu une volonté d’« expropriation » de la part de l’État péruvien et une corruption des ONG par d’autres groupes miniers pour acquérir le complexe), l’entreprise est complètement déresponsabilisée et c’est l'État qui est condamné.
La population reste profondément divisée, la question étant principalement tournée autour de l’emploi. Les différentes initiatives lancées par la société civile (notamment le Mouvement pour la Santé de La Oroya) ont été prises pour cible par les partisans de Doe Run et les syndicats des travailleurs, et ceux-ci ont donc quitté le terrain.
La colonisation de la nature, et cette vision de la modernité est trop ancrée dans la population, étant donné que le développement de cette ville coïncide avec l’arrivée des ingénieurs et industriels étasuniens. Ce cas illustre bien le phénomène de la company town, où l’entreprise contrôle en réalité la ville de La Oroya.
Conclusion
Pour conclure ce second article de notre série sur l’écologie décoloniale, nous avons pu comprendre les enjeux sociaux, économiques et environnementaux liés à l’extractivisme. Cette pratique étant profondément liée à l’histoire coloniale, nous comprenons que la déshumanisation des populations des pays du sud global est nécessaire pour dégrader leur environnement et leurs conditions de vie. Dans cette perspective, l’antiracisme et la lutte contre l’impérialisme sont des luttes écologistes.
La question de la justice climatique souligne le fait que les impacts des changements climatiques ne seront pas ressentis de la même manière (pays enrichi/appauvri, genre, handicap, classe sociale, minorité ethnique, …), et qu’il est primordial de réduire les inégalités.
Par ailleurs, un changement systémique est nécessaire, d’où la question essentielle de l’anticapitalisme. L’écologie décoloniale reconnaît la nécessité de construire d’autres modèles économiques et de société. Le paradigme de l’écologie dominante actuelle ne remet pas en cause ce système, et intègre des politiques environnementales dans le “business as usual”. Cela ne fait qu' exacerber les inégalités et les injustices (et le réchauffement climatique).
Après le constat, agissons !
Il existe de nombreuses pistes de solutions pour faire face à l’extractivisme : les pratiques de l’économie circulaire, la lutte contre l'obsolescence programmée, des solutions globales aux problèmes liés à la mobilité (les transports en commun, les voitures partagées, …), la révision des codes miniers et de l’accès aux mines par les multinationales, …
La lutte continue !
Sources
● Acosta Alberto (2013). “Extractivism and neoextractivism: two sides of the same curse”. Beyond Development, 2013, p. 61 [pdf].
● Bednik Anna (2016). Extractivisme : exploitation industrielle de la nature. Logiques, conséquences, résistances. Le Passager clandestin, 2016.
● Gilberthorpe, E., & Hilson, G. (Eds.). (2014). Natural resource extraction and indigenous livelihoods: Development challenges in an era of globalization. Ashgate Publishing, Ltd.
● Van de Walle F. (2024). Deconstructing ‘Belgian’ chocolate, From Colonial Delicacy to a Symbol of National Identity.
● Interview de M. Ferdinand par Latifa Madani, « La double fracture environnementale et coloniale », L’Humanité 2020.
● L. Catherine (2018). “Le Congo et le chocolat : repères historiques”. www.ieb.be/Le-Congo-et-le-chocolat-reperes-historiques;
● Génération Lumière, Team Congo, 2025. Tribune “ « Le sang des Congolais coule dans nos téléphones ». https://reporterre.net/Le-sang-des-Congolais-coule-dans-nos-telephones
● Jeune Afrique, 2016. “RD Congo : la pollution minière à Lubumbashi en pleine lumière”.https://www.jeuneafrique.com/348793/societe/rd-congo-pollution-miniere-a-lubumbashi-pleine-lumiere/
● A. Shaw, 2024. “La ruée mondiale sur le cobalt à l’origine de ravages toxiques près des mines en RDC”., Mongabay. https://fr.mongabay.com/2024/04/la-ruee-mondiale-sur-le-cobalt-a-lorigine-de-ravages-toxiques-pres-des-mines-en-rdc/
● J. Joly, 2015. “La Oroya, c’est Tchernobyl au milieu des Andes”, Ouest-France. https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2015-10-13/la-oroya-cest-tchernobyl-au-milieu-des-andes-0be5311d-a6fb-41d9-9959-8a7596b0f827
● Claude Le Gouill, « Du paternalisme industriel des company towns à la politique de Responsabilité Sociale des Entreprises Le cas de La Oroya (Pérou) », Caravelle [En ligne], 111 | 2018, mis en ligne le 01 mai 2019, consulté le 04 mai 2025. URL : http://journals.openedition.org/caravelle/3680 ; DOI : https://doi.org/10.4000/caravelle.3680
● A. Kramer (2011). “La Oroya, Peru: Poisoned town” Oxfam America. https://www.oxfamamerica.org/explore/stories/la-oroya-peru-poisoned-town/
● Green, Hardy, The Company Town : The Industrial Edens and Satanic Mills That Shaped the American Economy, New York, Basic Books, 2010, 248 p.
● Cirefice, V & Sullivan, L (2019) ‘Women on the Frontlines of Resistance to Extractivism’, Policy and Practice: A Development Education Review, Vol. 29, Autumn, pp. 78 - 99
● Hitchcock Auciello, B (2019) ‘A Just(ice) Transition is a Post-Extractive Transition: centering the extractive frontier in climate justice’, War on Want and London Mining Network: London, available: https://waronwant.org/sites/default/files/Post-Extractivist_Transition_WEB_0.pdf
● Port Sunlight Village Trust (2022). “Racism, the Belgian Congo, and William Lever”. Consulté via ce lien : https://portsunlightvillage.com/wp-content/uploads/2024/07/PSVT-Racism-the-Belgian-Congo-and-William-Lever-Booklet-July-2022.pdf.
● Plantations Feronia : BIO doit faire respecter les normes sociales et environnementales. (s.d.). CNCD-11.11.11. https://www.cncd.be/rapport-HRW-feronia-congo-bio-banques-developpement
● Contributeurs aux projets Wikimedia. (2024, 17 octobre). William Lever (1er vicomte Leverhulme). https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Lever_(1er_vicomte_Leverhulme)
● École normale supérieure de Lyon. (2017). Extractivisme — géoconfluences. Géoconfluences ENS de Lyon. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/extractivisme
● IEA. (2023). Critical minerals market sees unprecedented growth as clean energy demand drives strong increase in investment. International Energy Agency. https://www.iea.org/news/critical-minerals-market-sees-unprecedented-growth-as-clean-energy-demand-drives-strong-increase-in-investment